Belgrade – Dubrovnik en passant par Sarajevo

Ça fait très longtemps que je pensais à écrire un post sur mon voyage dans les Balkans du 2007. Je m’excuse si je l’écris en français mais j’en ai besoin pour mes études!! Bientôt la traduction en italien 🙂 Attention: pour les italophones vous pouvez lire la première cronique de notre voyage en italien, celle qui avait été faite toute suite après notre retour à Genève. Le voyage est le même mais vous verrez la différence!

J’espère que mon post soit quand même une porte ouverte aux francophones sur mon voyage d’il y a 8 ans, si jamais ils décidaient de faire un jour plus ou moins le même voyage avec les mêmes étapes.

Les étapes:

Genève – Belgrade – Sarajevo – Mostar – Dubrovnik – Sarajevo – Novi Sad – Golubac – Belgrade – Genève

Point de départ: Genève. A l’époque, et oui, on habitait en effet à Genève, pas loin de l’aéroport, en plus. On prend donc l’avion à l’aéroport international de Genève, et, en faisant escale à Milan, on arrive à Belgrade. En parlant de l’obsession suisse sur la manque du soleil, la première réponse à la première question: “Il faisait beau?” est: “Oui, en effet, il faisait beau”. Mais c’était pas la recherche du soleil qui m’intéressait en allant à Belgrade. C’est la découverte d’un autre pays, d’une autre culture, d’une autre langue (que moi j’adore tellement), du sourire sur les visages de gens qui s’illumine tellement quand tu lui parle en serbe! Déjà un “dobar dan” au lieu d’un générique et blême “good morning” ça change tout. En outre, si tu sais parler en peu de “serbe”* alors t’as les portes ouvertes partout. C’était mon cas.

kalemegdan

Belgrade, Serbie

On commence par Belgrade, cette ville ravagée par les plusieurs guerres à l’intérieur et à l’extérieur de son pays au fils des années ’90 / 2000. C’est une ville qui plaît beaucoup aux italiens et on comprend toute suite pourquoi: il y beaucoup de movida! Voici les incontournables de Belgrade:

– Place de la Republique (Trg Republike)

– Ulica Kneza Mihaila, rue piéton. Tous les magasins ouvrent à 10h00 (horaire méditerranéen), tandis que le soir ferment très tard. Nous l’avons faite plusieurs fois car elle amène au centre ville.  Magnifiques les petites librairies d’occasion.. moi personnellement je les aurais toutes pillées!!

Parc de Kalemegdan (Kalemegdanski park): un parc magnifique qui donne sur la confluence de deux fleuves: le fleuve Sava, qui vient de Zagreb, en Croatie, et le Danube qui vient de la lointaine Vienne. Rencontre des fleuves, rencontre des mondes, ça me fascine toujours! On y retrouve surtout la forteresse turque (pour une fois bien aménagée pour les touristes) qui donne le nom au parc.

– Quartier de Skadarlija – quartier bohémien du début du XX siècle. 

– Nous avons fait une excursion d’un jour à Zemum qui se trouve pas loin de Belgrade mais… on y retrouve un autre monde! La raison? Ce village a été jusqu’au 1934 partie de l’Autriche, puis rattaché à Belgrade seulement ensuite… Les petites maisons selon le style autrichien n’ont rien à voir avec l’architecture de Belgrade… On retournant à Belgrade, on descend du bus quelques arrêts avant et on longe le fleuve à pied pour retourner à Belgrade. Le soir nos pieds nous font mal mais nous avons passé une journée magnifique. 


En ce qui concerne la cuisine, elle est bonne mais très “rustique”, exactement le contraire de celle française. Les plats sont simples et presque toujours à base de viande. Les légumes, à oublier! Dans ma salade grecque il y avait des morceaux si grands d’oignon que j’ai pas eu le courage de les manger! Il faut avoir un bon estomac, disons 😉 De plus, il faut dire aussi que la vie d’un végétarien est presque impossible en Serbie car il n’y a guère aucun plat sans la viande…  A ne pas manquer est quand même le burek (pâte feuilleté avec viande et/ou fromage) qui est le plat national. Il est toutefois assez lourd, donc si vous n’arrivez pas à le manger pendant votre petit-déjeuner -comme ils font les serbes – au moins goûtez-le pendant la journée 🙂 !! 

Pour conclure, nous avons un très bon souvenir de Belgrade, des serbes et de leur cordialité. Pas de trace des criminels qu’on dit d’y avoir en Serbie, le pays des “méchants”, des “monstres”, des “criminels”. Nous avons trouvé de personnes souriantes, gentilles, cordiales, prêts à nous aider en tout moment…. C’est sur qu’il y aura aussi des criminels mais comme il y en a partout dans le monde, dans chaque pays! D’un côté, en faisant une comparaison avec les bosniaques et croates rencontrés dans le même voyage, les serbes ont été sans doute les plus cordiales et ceux prêts à t’aider dans chaque situation! Nous avons trouvé une fille à Novi Sad qui était même prête à nous aider à porter notre valise et à chercher avec nous notre hébergement! D’un autre côté, il faut dire aussi qu’ils sont très contents d’avoir des touristes dans leur pays! Une chose est sure: ils nous n’ont jamais demandé de l’argent pour leur aide, jamais! 🙂

sarajevo

Sarajevo, Bosnie

Après deux jours à Belgrade, on prend un car et on part pour la ville de Sarajevo, capitale de la Bosnie. Qui a voyagé en peu dans les Balkans, sait très bien que le car est le moyen de transport le plus utilisé, développé et surtout à bon marché qu’on puisse trouver. Le seul inconvénient : la lenteur. Pour faire quelques chose comme 300km il nous fait presque 7 heures!!! Le car s’arrête à chaque village, le conducteur fait monter tous les passagers qu’il connait un par un et puis il fait (bien sure, il a le droit!) quelques arrêts. Nous arrivons à Sarajevo le soir. En 2001 j’y étais arrivée par le ouest, cette fois j’y arrive en passant par le collines à l’est de la ville et l’émotion de retrouver cette ville magnifique, qui brille sous mes yeux, me donne encore les frissons. On y reste juste quelques jours (pour moi c’est pas la première fois), le temps de flâner dans le quartier turc de  Baščaršija  (incontournable), la bibliotèque (mais toujours vue par l’extérieur, a ouvert ces portes à nouveau en 2014!), les ponts, les églises catholiques, celles orthodoxes, les synagogues, les mosquées.. et voilà, en quelques pas on découvre déjà la richesse mystérieuse de cette ville. Nous avons aussi visité le musée du tunnel de Sarajevo, fait pendant la guerre pour faire s’enfuir les citoyens. Moi j’adore Sarajevo, rien à dire. J’ai lu plusieurs livres sur cette ville spéciale et magnifique. Or, je suis convaincue que cette ville a le pouvoir de te faire “ressentir” sa magie, il reste difficile à expliquer! Sarajevo fait cet effet!

En parlant de la cuisine bosniaque, que j’aime malgré les plats de viande, je vous conseille vivement la pita qui est un rouleau de pâte feuilleté avec viande ( sa mesom), fromage (sa sirom) ou pommes de terres aussi (sa krumpirima) le burek, qu’on a déjà vu en Serbie (:-), les ćevapi (ou ćevapčići) petites saucisses de viande  (boeuf et/ou agneau) (qui sont aussi un plat croate 🙂 et les sarmas (mets constitués de viande et de riz enroulés dans des feuilles de vigne  ou de chou).

En général, l’ambiance est déjà plus occidentale, il y plusieurs restaurants touristiques, des bus pour faire le tour de la ville (d’où j’ai pris cette photo!), les plats au restaurants sont beaucoup plus soignés qu’en Serbie.  En conclusion, on est en train de retourner à Occident, Sarajevo y est la porte d’accès.

mostar

Mostar, Bosnie

 

On loue une voiture car nous n’avons pas beaucoup de temps et nous voulons absolument aller à Dubrovnik (en effet, c’est moi qui veut absolument la voir). La voiture n’est pas chère mais ça fait bizarre le fait de voyager en Bosnie en voiture… D’un côté, on fait plus vite et nous donne la liberté de nous arrêter où on veut, d’un autre côté, il faut déjà payer une amende après quelques kilometres (on nous dit “vous rouliez trop vite” mais le policier arrête une voiture après l’autre.. je crois que c’est le moyen bosniaque pour récolter des sous) et puis on perd surtout en peu l’esprit balkanique du voyage en car… Irrités par l’amende, nous arrivons à Mostar vers midi, nous voulons y  rester seulement quelques heures mais notre visite dure encore moins… Le forces bosniaques-croates, qui ont abattu le pont de Mostar le 9 novembre 1993, sont maintenant les porteurs de la paix et du développement de la ville. Rien doit dire que c’était eux qui ont fait tomber le pont le plus symbolique de l’union entre orient et occident. Une croix catholique gigantesque nous regarde du haut de la montagne (voir photo). C’est inquiétante. Touristes partout qui prennent non-stop des photos, on se demande si ils savent où ils sont. Probablement pas. Sont-ils peut-être des américains qui se sont perdus et qui n’arrivent plus à retrouver leur bateau-croisière à Dubrovnik? Nous n’aimons pas l’ambiance. Nous partons toute suite pour Dubrovnik.

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Dubrovnik, Croatie

 

On entrevoit la mère Adriatique et ainsi nous arrivons vite fait à Dubrovnik. Heureusement c’est octobre car elle est déjà bondée de touristes comme ça, nous ne voulons même pas imaginer ce qu’elle doit être en été!!!  Les bateaux de croisières s’approchent à la vieille ville sans se donner aucune contenance et ils font aussi débarquer pas mal d’américains. Je doute que ces derniers sachent comment s’appelle le pays qu’ils visitent…la Grèce? l’Albanie? ou peut-être la Croatie? (Le collègue américain de mon copain qui a plusieurs masters universitaires lui a demandé, un jour, si la Grèce était à l’ouest ou à l’est de l’Italie!!!!!!!!! Si ils ne savent pas ou se trouve la Grèce, laissons tomber toute espoir sur la Croatie…). 

Et voilà nous avons l’impression d’être à Barcelone.. touristes partout, restaurants pour touristes à éviter, cuisine soignée avec beaucoup de plats de mer mais difficile à trouver un bon restaurant qui ne soit pas un attrappe- touristes! A début de la veille ville il y avait une exposition  sur les morts pendant la guerre des années ’90 avec photo, nom et prénom. En peu dure, surtout en venant de la Bosnie.. Il semble qu’il faut compter les numéro des morts et qui a le numéro le plus élevé a gagné…

Dubrovnik est par contre belle à croquer, la vieille ville et toute son histoire quelque chose de charmante. J’aimerais y rester un mois en me promenant par les ruelles de la ville et en ayant le temps de tout lire sur son histoire: Byzance, la république, la peste du 1337, l’abolition de l’esclavage en 1416 et puis les batailles navales avec Venise, les turcs, l’arrivée de Napoléon et puis encore l’Autriche et Hongrie, la Yougoslavie… Mais j’ai pas le temps. Après 2 jours, on reprend notre voiture et on est de retour à Sarajevo.

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Novi Sad, Serbie

 

A Sarajevo on reprend un car qui nous amène dans la ville du nord de la Serbie, Novi Sad. Elle se trouve dans la région de la Vojvodina, une région qui avait été pendant des siècles sous l’administration autrichienne. Cela dit, on ne s’étonne pas de voir une petite Vienne en miniature dans les terres slaves du sud. En outre, Novi Sad est la ville de mon chanteur balkanique préféré, Djordje Balasevic, et j’adore me balader en cherchant les ruelles citées dans ses chansons. 

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Golubac, Serbie

On continue encore et on arrive à Golubac, très proche de la frontière avec la Roumanie. Il y a des gorges magnifiques, où le Danube, avant de se resserrer, est si large qu’on a l’impression de voir le lac de Genève. Mais non! C’est un fleuve, le Danube!!! On se balade en peu par le parc naturel qu’il y a là-bas, mais c’est octobre et il n’y a pas beaucoup d’attractions pour les touristes. Le village est si peu organisé pour les touristiques qu’une femme de la mairie, pour nous montrer les photos de la région, nous sort les photos d’elle et de sa famille! Draga Tatjana, nous nous souvenons encore de toi! Le 2ème jour nous visitons le village de Donji Milanovac, nous nous promenons dans la campagne serbe. Ça suffit un petit sourire et un international “dobar dan” pour que les gens deviennent toute suite cordiales.

En outre, dans le parc national de Golubac il y a aussi une forteresse qui avait été d’abord fondé par les romains, puis ensuite refaite par les turcs. Le problème qui s’impose est le suivant: il n’y a aucune entrée et on a l’impression qu’elle puisse tomber d’un moment à l’autre. Nous devons sauter un buisson pour y accéder et puis, une fois dedans, on prend des photos mais on espère toujours de ne pas tomber!!

multikulturalni

L’uomo multiculturale costruirà il mondo, Sarajevo

 

Enfin notre voyage est terminé. Nous avons repris notre avion et nous sommes retourné en Suisse… Il y a de voyages qu’on fait avec la tête et d’autres avec le cœur. On ne peut pas être indifférents à la visite, dans un seul voyage, de trois pays différentes qui étaient une fois un seul pays, en franchissant des frontière qui ont été au fils des siècles inondées de sang pour des raisons stupides, en mettant en premier plan des intéresses économiques et une recherche de pouvoir qui ont toujours oublié que les gens ont envie d’avoir une vie normale: une famille, voir grandir ses enfants, faire des études, avoir un travail, une maison, faire de voyages, s’amuser, danser, chanter, faire l’amour, aller au restaurant, au cinéma. Enfin, ils veulent juste vivre en paix.

Un petit souvenir de la langue: mes études certifient que: je suis italienne avec un master universitaire délivré par l’université de Florence en 2004 en “langue croate” mais au même temps en “littérature serbe et croate”. J’ai fait une partie de mes études à Zagreb, capitale de la Croatie, et un stage à Rijeka, toujours en Croatie. Malheureusement j’ai jamais pu faire les mêmes études en Bosnie et en Serbie (mais j’aurais teeeeellement voulu!). J’ai visité en peu partout la Croatie, j’étais deux fois à Belgrade et deux à Sarajevo. En parlant cette langue à Belgrade, les gens me disaient: “Mais dis-donc, tu parles bien le serbe! Tu l’as appris ?” (Dobro govoris srpski, gde si to ucila?). Ensuite même question en Bosnie mais en evitant de donner un nom à leur langue: “Tu parles bien notre langue, tu l’as apprise ?” (Dobro govoris nasi jezik, gdje si to ucila?), puis pour finir en Croatie (attention on ajoute une “i”): “Tu parles bien le croate, tu l’as appris ? (Pa dobro govoris hrvatski, gdje ti to ucila?) Ma réponse, très diplomatique, était toujours la suivante: “A Florence, en Italie” 🙂

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